En Afrique de l’Est, l’Ouganda est le seul pays ne disposant pas d’un salaire minimum. Afin d’offrir un niveau de vie suffisamment élevé aux bas revenus, le Gouvernement ougandais a mis en place un conseil consultatif pour étudier l’instauration d’une rémunération minimum légale.

Un dispositif pour éviter les rémunérations exceptionnellement basses

L’instauration d’un salaire minimum a pour principal objectif d’éviter les “salaires de misère” pratiqués  par certains employeurs. La mise en place de ce type de dispositif permettrait de relever le pouvoir d’achat des femmes de ménage, des travailleurs agricoles, des employés dans le secteur de l’industrie et dans une certaine mesure, de relancer la consommation. Cependant, malgré ses nombreux effets bénéfiques, il ne se présente pas toujours comme une solution incontournable, notamment chez le chef d’Etat.

En effet, le Président Museveni a déclaré qu’un salaire minimum pourrait décourager les investisseurs et avoir des répercussions sur l’économie.
De son côté, Steven Kabagambe de la Chambre de commerce et de l’industrie estime que, les investissements ne doivent pas être le principal souci des autorités. Selon lui, il est indispensable penser au bien-être des travailleurs et une rémunération convenable, permettrait  à ceux-ci d’améliorer leurs conditions de vie, sans pour autant faire fuir les investisseurs.

D’autre part, il a affirmé qu’une telle mesure permettrait aux employés d’optimiser leur productivité et de travailler de manière plus responsable, tout en limitant les problèmes liés à la corruption.

Un salaire minimum à 136 000 shillings

La rémunération moyenne est estimée à 200 000 shillings en Ouganda. D’après des informations qui ont fuité au niveau de la presse ougandaise, le salaire minimum discuté par les autorités devrait atteindre 136 000 shillings et bien que cette somme soit relativement restreinte, les syndicats restent optimistes quant à sa mise en place.

Pour le secrétaire général de l’Organisation nationale des syndicats, Peter Werikhe, ce montant pourrait servir de base pour l’instauration d’une rémunération minimum et serait un bon début, dans la mesure où le pays n’a jamais imposé un niveau de revenu spécifique par le passé.

Après cette première étape, Peter Werikhe a déclaré que l’organisation pourra négocier une hausse afin d’améliorer continuellement les conditions de vie des travailleurs.