L’année 2015 annonce les 65 ans du SMIC, l’un des dispositifs les plus célèbres de l’Hexagone. Bien qu’il ait été créé pour optimiser le pouvoir des ménages modestes, le salaire moyen n’a pas toujours connu des moments de gloire.

Genèse

Vieux de 65 ans, le salaire minimum n’a jamais mené une existence facile. Ce dispositif a vu le jour en 1950, au début de la période connue sous le nom de “Trente Glorieuses”.

Au milieu du XXème siècle, alors que la France a connu une croissance exceptionnelle de 8%, un nombre relativement important de salariés peinent à combler leurs besoins, en raison du blocage de leurs salaires et des pénuries qui ont engendré une hausse des prix.

Face à ces problèmes, les législateurs ont essayé de mettre en place un dispositif qui permettrait d’accomplir la mission confiée à l’Etat par la Constitution de 1946. Dans son préambule, celle-ci stipule que “la Nation doit assurer à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement”. La Constitution oblige également les autorités compétentes à garantir à tout travailleur, une protection de la santé, ainsi qu’une sécurité matérielle.

C’est en se basant sur ces textes que les législateurs ont eu l’idée d’un Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).Ce dernier a été adopté le 11 février 1950 et son montant a été fixé par une Commission, en fonction du budget moyen des ménages. Le calcul de ce budget moyen a été réalisé à partir du panier de denrées de consommation courante, ou “panier de la ménagère”.

A son apparition, le SMIG a été évalué à 78 FF pour Paris et à 64 FF en province.

La première crise et la revalorisation du SMIG

Deux ans après sa venue au monde, le SMIG a fait face à sa première crise. Celle-ci a été causée en grande partie par la Guerre de Corée, qui a opposé les Nations Unies et la Corée du Nord. Cette guerre a entrainé une nouvelle hausse des prix dans l’Hexagone et par la même occasion, une augmentation importante du coût du panier de la ménagère.

Afin de préserver le pouvoir d’achat des Français compris dans la classe des moins aisés, les partenaires sociaux ont décidé de procéder à une revalorisation du salaire minimum. Mais cette décision a fait jaser les détracteurs du dispositif.

En effet, les opposants ont estimé que l’augmentation du SMIG engendrerait une inflation plus importante et que des conditions doivent être mises en place, afin d’éviter de mettre trop de pression sur les prix.

Le bras de fer entre les partenaires sociaux et les détracteurs ont finalement abouti à deux ajustements.

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A partir de cette première crise, quelques règles sont apparues concernant la revalorisation du SMIG. Dans un premier temps, celle-ci ne doit être revue à la hausse si l’inflation dépasse 5%. Ensuite, les autorités doivent obligatoirement attendre au minimum 4 mois entre deux révisions.