Le magazine du syndicat Solidarność tire la sonnette d’alarme. Le modèle économique de la Pologne est désuet. Il ne correspond plus au contexte actuel du pays, et doit désormais être renouvelé. Si au moins il avait permis de réduire la divergence du niveau de salaire par rapport à l’Europe de l’Ouest. Mais il freine également les innovations dans le pays et déloge une quantité colossale de travailleurs.  

Salaire : la divergence entre l’Europe de l’Ouest et l’Est

Halte à l'injuste salariale entre l'europe de l'Est de et de l'ouest

La Pologne a longtemps eu comme ambition de s’aligner aux autres pays européens en matière de rémunération, et spécifiquement ceux situés à l’Ouest. Cet objectif figure parmi les motivations qui lui poussent à intégrer l’Union européenne. Cela a donc insufflé l’espoir de la réalisation de ce but. Pourtant, force est de constater que ce processus a fait chou blanc. L’hebdomadaire polonais Tygodnik Solidarność affirme ainsi : « Salaires : l’Europe nous échappe ».

En effet, l’écart entre l’Europe de l’Est et celle de l’ouest continue à se creuser. D’après l’étude menée par l’Institut syndical européen effectuée en 2017, il y a une différence de 4 % entre le salaire perçu en Allemagne et à Pologne depuis 2008 à 2015. Cela s’expliquerait par le fait que la Pologne est considérée comme « l’atelier de l’Europe ». Cela se traduit par un faible coût de la main-d’œuvre attirant un nombre considérable d’entreprises européennes.

Une structure de salaire opprimant la population locale

À l’intérieur du pays, le taux de chômage est faible (4,4 %) et le salaire moyen s’est accru de 7,3 % l’an passé. Pourtant, il n’en reste pas moins que le salaire mensuel le plus fréquent s’estime à environ 360 euros nets. Ce qui est relativement faible. De plus, en considérant l’écart avec les autres pays de l’Europe, les nationaux sont tentés d’émigrer. D’ailleurs, dans certaines professions, la rémunération est largement supérieure dans les pays étrangers, à l’instar des infirmières en Grande-Bretagne qui sont payées à près de 2214 euros, contre 460 à 700 euros en Pologne. 

carte de Pologne

Sans compter le fait que les caissières des hypermarchés perçoivent plus de rémunérations que les policiers ou les professeurs chercheurs. En effet, un professeur titulaire polonais toucherait un salaire net variant entre 400 à 700 euros par mois. Quand bien même l’exercice de cette profession nécessite au minimum une maîtrise, soit cinq années d’études post-baccalauréat.

Quelle serait la meilleure mesure à prendre vis-à-vis de cette situation ?

Actuellement, cette disparité fait l’objet de maintes revendications des enseignants. Ces derniers estiment que leur rémunération est insuffisante pour à la fois subvenir à leurs besoins et assurer de manière optimale les missions qui leur incombent. Encore faut-il rappeler l’importance des services publics telle que l’éducation ou la sécurité dans la vie d’un pays.

Vraisemblablement, tant la disparité entre le salaire des pays de l’Europe de l’Est et de l’Ouest que les divergences de salaire entre les différents métiers au niveau national, mènent à affirmer que la structure des salaires héritée de 1989 est à revoir, au risque d’étouffer l’innovation et d’encourager l’émigration des travailleurs.