Neuchâtel a récemment voté un salaire minimum. Désormais, les travailleurs du canton ne peuvent plus percevoir une rémunération inférieure à 20 francs suisse de l’heure, soit environ 17 €.

Un Smic pas si élevé en Suisse

Si les employés de l’Hexagone aimeraient accéder à un niveau de rémunération similaire à celui de Neuchâtel, l’amicale des frontaliers estime que le salaire minimum adopté par le canton est encore insuffisant pour répondre aux besoins des ménages.

En effet, selon Valérie Pagnot, un Smic à 17 € fait rêver de nombreux Français mais il faut savoir que, le coût de la vie dans la Confédération helvétique est nettement plus élevé que sur le territoire français. Les charges devant être supportées par les salariés suisses sont exceptionnellement élevées et ceux-ci doivent obligatoirement assumer leur assurance maladie.

D’après les estimations de la juriste à l’amicale des frontaliers, un salaire minimum à 3 000 francs suisses permettra à un employé de s’acquitter du strict nécessaire.

Pour elle, les 20 francs suisses de l’heure ne devraient en aucun cas devenir la rémunération de référence et rester et les travailleurs devraient bénéficier de salaires moyens atteignant 25 francs, voire 30 francs de l’heure, afin qu’il puisse accéder à un niveau de vie raisonnable.

Un grand changement dans la culture suisse

Bien qu’une rémunération minimum de 20 francs de l’heure ne soit pas suffisante pour les travailleurs de la Confédération helvétique, l’instauration d’un SMIC est un grand changement dans la culture du pays.

A de nombreuses reprises, le pays a tenté de mettre en place un salaire minimum légal, mais il semblerait que les Suisses ne soient pas encore prêts à se soumettre à ce type de mesure.

En 2014, les autorités ont décidé d’organiser une votation afin de pouvoir procéder à l’instauration d’un SMIC. Cependant, ils se sont heurtés au refus de près de 70% de la population.

Concernant le grand changement effectué par Neuchâtel, Valérie Pagnot estime que le Jura et le Tessin pourraient suivre la tendance dans les mois ou les années à venir. Elle est toutefois moins optimiste pour les cantons de Vaud et de Genève.