Après la généralisation du paiement à la course appliquée par la direction de Deliveroo, les coursiers n’ont pas hésité à se mobiliser afin de dénoncer une précarisation de leur contrat de travail. Les premières manifestations se sont déroulées à Bordeaux, puis à Lyon et à Paris.

Une baisse des revenus

Après Uber, c’est Deliveroo qui fait face à un conflit social de grande envergure. Avant le mois de septembre 2016, l’entreprise a adopté un système permettant aux coursiers de bénéficier d’une rémunération de 7,50 € de l’heure auxquelles pouvaient s’ajouter une prime allant de 2 à 4 €, avec une possibilité d’augmentation en fonction de l’ancienneté.

En septembre 2016, de nouveaux contrats imposant une rémunération uniquement à la tâche ont fait leur apparition.

Par commande, un livreur soumis au nouveau dispositif perçoit 5 €, quelle que soit la distance et le temps d’attente.

Pendant près d’une année, Deliveroo a essentiellement appliqué le nouveau système de paiement aux livreurs ayant intégré la société à partir du mois de septembre 2016, avant de procéder à une généralisation le 27 juillet dernier.

Estimant que l’entreprise souhaite précariser leur contrat de travail, les coursiers ont décidé d’organiser des manifestations. Selon eux, la modification de leur contrat va réduire leur revenu de plus de 30%.

D’après Arthur Hay, le secrétaire général du syndicat CGT des coursiers à vélo de la Gironde, la précarisation concerne plus de 1 000 livreurs.

Il a également ajouté que la société justifie son opération en considérant l’argent gagné par les coursiers lors des livraisons comme de simples suppléments de revenus. Pourtant, il a déclaré que durant les embauches, la direction de Deliveroo a clairement affirmé que les livreurs allaient pouvoir vivre avec près de 2 000 € par mois et l’ancienneté serait prise en considération.

En percevant 4 à 5 € par commande, le représentant syndical estime qu’un coursier devrait effectuer au minimum 7,5 livraisons par heure pour pouvoir conserver un niveau de vie convenable ce qui est pour lui, impossible.

Selon ses dires, le principal objectif des manifestations est d’annuler les changements et de poursuivre l’application des primes. Dans le cas où la direction refuse de se plier à ses exigences, le représentant syndical demande un dédommagement de 50 000 € pour tous les livreurs qui décident de résilier leur contrat.